Espace-temps



ESPACE-TEMPS. Essai d'écriture automate surréaliste

Comme un insecte qui ne mesure pas l'immensité de son monde,
je me sens tout minuscule et ridicule dans le mien, univers bleuté piqué d'étoiles lointaines blanches ou jaunâtres, voisines de galaxies démesurées. Visions que m'offre la fin d'une journée
somme toute assez médiocre ; pour ne pas dire épouvantablement douloureuse, pour mon corps comme pour mon esprit. Pas un de mes sens qui ne soit écorché, blessé, épouvanté par cet endroit monstrueux, ou l'on m'a jeté contre ma volonté. Si tant est qu'on ait une volonté avant d'éclore !
Cet endroit ou vivent des milliards d'êtres entassé les uns sur les autres, que d'aucuns appellent Mère ou Gaïa.
Le jour, comme est appelé cet état second, j'occupe un endroit qui ne m'appartient pas. Il n'appartient sans doute à personne car il était là avant tous, et ne disparaîtras sans doute, que bien après eux. Cela n'empêche que je paie de ma personne pour avoir le droit de me poser le soir.
Que ce soit entre murs de paille ou de béton, c'est là dans ma prison, que j'attends mon heure, ma délivrance lorsque survient la nuit !
Alors vient mon espace temps ! De cet espace temps, je suis le prince incontesté. Mon univers, le mien, celui ou j'invite qui ou quoi me plaît, images d'instants, de moments amicaux, amoureux, lisses, chauds ou froissés, de plaisir ou de bien être. Espace dont je suis maître du temps qui s'écoule, ou je puis chasser d'un clignement d'yeux, soucis et autres avatars déplaisants, mettre à mort des souvenirs encombrants et des cauchemars d'enfants !
Afin d'assurer ma protection, je me suis constitué une armée de féminins elfes en dentelles et porte jarretelles. Armée douce, tendre et soumise à mes ordres de général en chef de notre espace temps, qui je le rappelle est mien.
Pas de barbouzes ou de Rambos en treillis, rien d'autres que des belles m'entourant d'amour, de tendresse et prêtes à tout pour ma personne, protection rapprochée ou éloignée, elle veille, mon armée altière et vaporeuse ! Sensation voluptueuse d'une position sociale due à mon rang et ma noblesse naturelle de prince charmant.
Oui, elle veille cette armée, bien colorée, fardée, femme jusqu'au bout des seins comme disait un pote chanteur que j'ai perdu de vue depuis quelque temps.
Car vous l'admettrez ? Une armée, c'est bien féminin, non? Elle apaise mes angoisses, mes soifs de magie et d'érotisme, me détend, me défend et m'entoure de mille préventions et précautions.
Ne vous méprenez pas, elle sait monter la garde pour me défendre, et me débarrasser d'intrus qui violeraient mon espace temps. Barrière de talons-aiguilles affûtés comme des compas d'artisans, elle ne laisse aucune chance à tous les fantômes du passé, cuirassés de trahisons, de contraintes et armés de mensonges et de douleurs.
Lorsque de leurs griffes vernies du rouge sang de mes attaquants, anachronismes rongeurs de ma conscience et de ma quiétude, mes créatures victorieuses me portent en triomphe, entourés de leurs atours vaporeux, je survole, vainqueur, les débris cadavériques de tous ces instants maléfiques, dont la vie m'a inondé contre mon gré !
Je me complais dans mon espace temps, mon bout de néant, ou je règne sur ma troupe comme un amant aimant comblé, et ma troupe me le rend bien, aussi longtemps que je reste là, dans ce temps d'espace, mon personnel univers.
Mais Aurore dévoile le Matin qui surgit, reprenant sa course folle. Comme un géant arachnide, il m'entoure de sa toile nauséabonde qu'il appelle Éveil, et de mon espace temps, je bascule impuissant dans le trou noir d'une nouvelle expérience existentielle, qui se trouve être un nouveau jour ! Seul désormais, il me faudra batailler, éviter de me faire occire à tout instant dans ce cloaque béant ou se sont déjà laissé emporter rêveurs et poètes par centaines de milliers.
Je résisterai , ou du moins j'essayerai, du plus fort de mon être jusqu'au bleu indigo du soir venu. Alors, par mes fantasmes enfin délivré, je rejoindrai mes régiments d'amazones nocturnes à la frontière de ma principauté Espace Temps.
Encore une journée se sera passée !
17/07/2012,

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